Le Clermontais

  • <:partager la page sur facebook:>
  • <:partager la page sur twitter:>

Contenu

Zoom

Lacoste en occitan
Lacoste en occitan

Contrairement à ce qui se produit pour d’autres villages, les textes sont muets ou manquent sur l’origine de la communauté de Lacoste. On est mieux documenté sur la colline de Cornils située à 2 kilomètres au sud du village : occupée dès le VIè siècle de notre ère jusqu’au XIè siècle, pas moins de 3 communautés religieuses vont s’y succéder au cours du XIIè siècle, en 1138, en 1154 et en 1190.

L’église Saint Jean Baptiste.

Comme pour le village, il existe peu de renseignements sur l’église dédiée à Saint Jean Baptiste. Jusque dans le dernier quart du XIIè siècle, elle est la chapelle du castrum, annexe de Saint Sixte d’Avenasque, église paroissiale située à l’ouest de la colline de Lacoste, une des dix paroisses du terroir de Clermont- Lodève. Cette église que l’on peut dater de la fin du XIIème –début XIVème siècle, présente un plan rectangulaire formé de trois travées, la première formant un chœur avec un chevet droit. Sa longueur totale intérieure est de 21 mètres, la nef, en largeur, mesure 6.50mètres . Elle est orientée au nord. On accède à l’église par une porte d’entrée en plein cintre, complètement décentrée à l’angle sud-ouest, sans ressaut, l’angle agrémenté par une simple tore entre deux cavets ; il n’y a pas de tympan, mais , concession faite à la simplicité, on trouve une archivolte.

Le village et les remparts.

Le village était fortifié. On remarquera les vestiges des deux tours d’angle rondes, en pierre de lave, des portions du mur d’enceinte, une porte au sud avec les restes de deux corbeaux ayant pu former mâchicoulis ou bretèche. Le mur d’enceinte de la cité venait se greffer d’une part sur le mur oriental de la chapelle de la Vierge : des traces d’arrachement sont encore visibles.

La chapelle du Belbèze (croix de Lacoste)

Chapelle de Belbèze
Chapelle de Belbèze

A quelques centaines de mètres au sud de l’église Saint Jean Baptiste, quasiment en bordure de la table basaltique sur laquelle s’étend le village, se dresse la chapelle du Belbèze d’où l’on jouit d’un panorama exceptionnel sur la plaine de l’Hérault. La partie la plus surprenante, la plus imposante, c’est la Calvaire monumental qui surmonte la façade. Il est tourné vers l’est : cette orientation est symbolique. La croix de 11 mètre de haut, de 1 mètre carré de section supporte un Christ en fonte de 5 mètres de haut, 4.40 mètres d’envergure et pesant 2.4 tonnes. Le Christ a été fondu à Vaucouleurs( Meuse). Abandonnée, vandalisée pendant des années, depuis la fin de la guerre de 1939 jusqu’en 1993, la chapelle fut donnée par la famille Auge-Bruandet à l’association Coustouline de la chapelle de Belbèze, créée en 1994. Cette association mis peu à peu l’édifice hors de danger, le restaurera complètement et enfin, l’inaugurera à nouveau en 2007. Tel un phare, ce calvaire s’illumine la nuit et attire irrésistiblement le regard du passant jusqu’à 100 lieues à la ronde.

Le prieuré de Cornils

Les ruines du prieuré
Les ruines du prieuré

La route du Mas Audran-Lacoste et SNCF passent au pied de la colline. Au sommet de cette colline à 156 m d’altitude, s’étend un plateau de 75 ares où sont apparus successivement un oppidum, un poste gallo-romain, trois établissements religieux. Il ne reste plus aujourd’hui que les ruines du Prieuré Sainte Marie de Cornils. Les communautés religieuses : du VIème au Xème siècle, les textes et les sondages sont muets. Et pourtant ? En 1138, Pierre de Raimond, évèque de Lodève établit une communauté de 13 chanoines réguliers à Cornils. Il leur donne la colline, l’église Sainte Marie, les bénéfices de la paroisse St Etienne de Rougas et de ses chapelles (St Peyre de Rougas et St Vincent de Fouscaïs. L’église Sainte Marie existait donc déjà ! De quand datait-elle ? VIIème ? VIIIème ? Quels bâtiments les chanoines occupaient –t-ils ? Mystère ! Cet établissement ne dura qu’une quinzaine d’année environ, de 1138 à 1153. Un prieuré cistercien : enfin, en 1190, Raymond Guilhem de Montpellier, évêque de Lodève, donne l’église de Cornils et sa montagne ainsi que les autres avantages à Belixende, abbesse cistercienne de Nonenque (Aveyron). Les religieuses de Nonenque deviennent sœurs du prieuré. L’évêque réserve ses droits : la prieure lui étant directement soumise, l’abbesse lui devant foi et hommage, les sœurs sont sous sa protection, il leur donne voile et bénédiction. Il institue « chaplelain » le prêtre que l’abbesse lui présente. Un laïc (fermier) s’occupe de l’exploitation des serres. Départ des sœurs : à quelle date les sœurs sont-elles parties de Cornils ? Les textes étant muets, on s’en remet à l’architecture. Le chœur de l’église est de la 2nde moitié du XIVème s. Le pilastre sud de l’arc triomphal présente un chanfrein, c’est la rainure de l’emplacement de la grille de clôture. Les contreforts du chevet de l’église sont normaux à l’angle des murs : ils sont du XIVème s également. Au dortoir des sœurs s’ouvre une fenêtre à l’est, de la fin du XIVème début du XVème s. Les guerres de religions commencent à semer la ruine à partir du XVIème s. Apparemment les sœurs étaient encore à Cornils au XIII ème, XIVème et XVème s ? Elles ont fui ou quitté les lieux au cours du XVIème s. ?

Extraits de Paul Taurand. D’après les notes laissées par son père, Maurice Taurand.

 

 Haut de page